Projet Réponses - Réduire les POllutioNs en Santé Environnement

Etat des lieux de la qualité de l’air sur le territoire de l’étang de Berre

Malgré une tendance à l’amélioration des niveaux de pollution, un territoire qui reste sous vigilance et de nouveaux sujets d’études à poursuivre.

Dans le cadre de ses missions de surveillance et d’information sur la qualité de l’air, AtmoSud se mobilise pour surveiller les niveaux de pollution dans la région Sud Provence-Alpes-Côte d‘Azur et notamment dans le territoire de l’étang de Berre.

On entend par niveaux de pollution, les concentrations des polluants présents dans notre environnement et susceptibles d’être respirées par les habitants du territoire (à ne pas confondre avec les informations sur les quantités d’émissions de polluants).

Une exposition chronique ou la répétition de pics importants à certains polluants ont des conséquences indéniables sur la santé. Dans cet état des lieux sur la qualité de l’air, nous nous attachons donc à présenter les niveaux et l’évolution dans le temps des polluants reconnus pour leurs effets sur la santé. Ils sont représentatifs des sources majoritaires de pollution : le transport, les industries, le chauffage ou les sources biogéniques.

Pour évaluer ces expositions, AtmoSud met en place un dispositif de stations de surveillance en continu et d’observation ponctuelle qui s'adapte en fonction de l'évolution du contexte du territoire. Ce dispositif tient compte des bassins de vie, de la localisation des sources émettrices et des régimes de vent présents dans le territoire. Ce dispositif de surveillance évolue en permanence.

Présentation des principaux polluants atmosphériques, leurs origines et leurs effets sur la santé

L’O₃ est un gaz agressif qui pénètre facilement jusqu’aux voies respiratoires les plus fines. Il provoque toux, altération pulmonaire ainsi que des irritations oculaires.

Les particules, selon leur taille, pénètrent plus ou moins profondément dans l’arbre pulmonaire. Les plus fines peuvent à des concentrations relativement basses, irriter les voies respiratoires et altérer la fonction respiratoire dans son ensemble. Certaines particules ont des propriétés mutagènes et cancérigènes. Les particules sont souvent associées à d’autres polluants comme du SO₂, des HAP, des hydrocarbures en général, …

Le NO₂ est un gaz irritant pour les bronches, augmentant la fréquence et la gravité des crises chez les asthmatiques et favorisant les infections pulmonaires chez l’enfant.

Les COV ont des effets variables allant d’une certaine gêne olfactive à des effets mutagènes et cancérigènes en passant par des irritations diverses et une diminution de la capacité respiratoire. Le Benzène fait partie des COV.

Le SO₂ est un irritant des muqueuses, de la peau et des voies respiratoires supérieures (toux, gênes respiratoires).

La zone de l’étang de Berre : un territoire en vigilance en air et santé 

L’étude SCENARII a rendu un diagnostic en 2013 pour le territoire de l’étang de Berre dans sa globalité par une démarche d’Evaluation Quantitative des Risques Sanitaires. Cette étude prend en compte le cumul de 39 polluants issus de l’ensemble des sources d’émissions (industries, transports, chauffage…). Les concentrations de polluants issues des modèles de dispersion sont ajustées par des mesures réalisées sur le terrain (Campagne de mesures spécifiques : projet POLIS).

Le Haut Conseil de Santé Publique (HCSP) définit les seuils de gestion correspondant à des mesures de protection environnementales et sanitaires : seuil d’action rapide / intervalle de vigilance active / seuil de conformité.

L’ensemble du territoire se situe dans l’intervalle de vigilance active. Les zones à proximité de grandes infrastructures routières et de grandes zones industrielles sont les plus concernées en lien avec des polluants identifiés. Les niveaux de ces derniers devront être diminués afin d’améliorer les situations locales.

Une amélioration des niveaux de pollution constatée depuis 10 ans

Le constat sur l'évolution des niveaux de pollution dans le territoire est réalisé à partir des substances surveillées depuis plusieurs années permettant le recul nécessaire pour identifier les tendances.

Des sujets en lien avec les transports.

Depuis 2006, à l’instar des tendances régionales, on constate une baisse générale des niveaux de pollution dans le territoire de l’étang de Berre pour les oxydes d’azote (NOx) et les particules en suspension (PM10 : diamètre inférieur à 10 µm et PM2,5 : particules fines de diamètre inférieur à 2,5 µm). Ce constant est en lien avec l’amélioration du parc routier, de la qualité des moteurs et des combustibles et des systèmes de filtration. Cette tendance est freinée par l’augmentation du nombre de véhicule qui augmente chaque année.

La tendance à la baisse observée dans le territoire de l’étang de Berre (Ouest des Bouches-du-Rhône) s’inscrit dans une dynamique régionale et nationale.

Les sources industrielles participent également au constat de diminution concernant les oxydes d’azote et les poussières dans le territoire avec la baisse de leurs émissions atmosphériques.

Des sujets en lien avec les industries

Pour les polluants traceurs des sources industrielles, comme le dioxyde de soufre (SO₂) ou le benzène (un Composé Organique Volatil), le constat est également à l’amélioration en lien avec des modifications importantes des outils industriels de production et de dépollution (toit flottant sur les bacs de stockage), le changement de combustibles utilisés (du fioul au gaz), la fermeture de certaines unités (une raffinerie a fermé) et les mesures règlementaires de réductions des rejets qui se durcissent régulièrement.

La baisse des pics de SO2 dans le territoire illustre cette amélioration en lien avec la diminution des rejets industriels. 

La poursuite de l’amélioration de la qualité de l'air est possible et souhaitable et c’est l’affaire de tous, industriels, collectivités territoriales et citoyens

Pour ce qui est des améliorations concrètes :

  • Plus aucun dépassement des valeurs limites en SO2 dans le territoire depuis 2010 et nette diminution du nombre d’heure atteignant le niveau d’information horaire. En 2003, on en comptait encore 450 heures ;
  • Les niveaux annuels en benzène dans les lieux les plus impactés par les sources industrielles (Lavéra et Berre) respectent ces dernières années les objectifs de qualité de l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) Ils ne les respectaient pas jusqu’en 2010 et dépassaient la valeur limite jusqu’en 2006 ;
  • Les niveaux en PM10 respectent les recommandations de l’OMS depuis 2013, alors qu’ils ne les respectaient pas avant et s’approchent ces dernières années des lignes directrices de l’OMS.

L’importance de développer cette surveillance à d’autres sujets

En parallèle, des sujets s’ouvrent à peine autour de composés surveillés depuis peu comme certains Composés Organiques Volatiles (COV) CMR (Cancérogène, Mutagène et Reprotoxique) ou les PUF (Particules UltraFines d'une taille inférieure à 0,1 µm) qui présentent de réels risques pour la santé des populations.

Sur ces sujets, aucune tendance ne se dégage à ce stade mais des actions sont déjà engagées pour la réduction des rejets accompagnées d’un programme AtmoSud de surveillance dédié (Programme Industriel de surveillance des pollutions).